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15 millions de résidents en France sont dans une dynamique entrepreneuriale, alors pourquoi ?

On a souvent coutume de parler de l’entrepreneuriat au travers du chiffre de la création d’entreprise. On le décline par an, par mois, par genre, par région, par tranche d’âges. Aujourd’hui je voudrais regarder l’entrepreneuriat sous l’angle de l’intention.

Cette infographie produite par la BPI en 2019 présente l’indice entrepreneurial français. Cet indice mesure l’intention et non l’action.

Premier chiffre important :

15 millions de résidents en France ont été considérés dans une dynamique entrepreneuriale.

Une autre étude, datant de 2016 et produite par la DGE (Direction générale des entreprises, Ministère de l’économie) présentait déjà des chiffres similaires avec un écart important entre l’intention et la création (les 2 courbes en rouge sur le graphique).

La même analyse conduisait à un autre constat « l’activité entrepreneuriale reste inférieure à l’intention entrepreneuriale, alors qu’elles sont d’un niveau équivalent en Allemagne, au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis. Cela peut tenir à ce que les intentions affichées sont nettement plus nombreuses en France, et le chiffre global de ceux qui deviennent entrepreneurs en France est déjà élevé ; et pour ceux qui ne passent pas à l’acte, à d’autres opportunités ou au sentiment que l’entrepreneuriat ne s’adresse pas à tout le monde, ou à la perception des risques, dont la complexité administrative et financière »

Mais alors pourquoi un tel écart entre intention et création ?


Les chiffres de la création d’entreprises ne cessent de croître et sont en accélération, 815.000 créations d’entreprises en 2019, pour "seulement" 554.000 en 2016, soit une progression de près de 50% en 3 ans. Dans le même temps, l’évolution de l’intention entrepreneuriale lui explose littéralement !!! Mais cette tendance de fond de l’intention ne se transforme pas en passage à l’action. Pour comprendre cette déperdition, regarder les motivations et les ambitions des acteurs apporte une information importante : le seul écart notable se situe dans la présence de l’opportunité et dans l’acte de la saisir.

Evidemment j’enfonce ici une porte ouverte alors allons plus loin :

A la lecture des raisons énoncées, l’absence d’opportunité n’est pas mise en avant, en revanche les freins sont liés :


  • à la perception d’un risque : 31% sur le risque d’échec, 25% sur la préférence de la sécurité
  • aux enjeux financiers (27%), que l’on pourrait assimiler à une perception de risque
  • à la complexité de la démarche (25%)

Pour nous éclairer sur le "chemin psychologique" que prennent tous les entrepreneurs :

A la lecture de ce graphique issue d’une étude universitaire de 2007 (L’intention entrepreneuriale : théories et modèles, Azzedine Tounes)

on pourrait s’essayer à lancer quelques explications

La France un pays qui se tourne massivement vers l’entrepreneuriat et l’innovation


Les communications fleurissent autour de ce sujet sous l’impulsion des gouvernements successifs, d’abord en libérant et simplifiant la création dans sa dominante administrative (désormais quelques clics suffisent pour ouvrir une entreprise sur internet) et plus récemment dans la communication faîte autour de l’innovation et des start-up dont un des flambeaux est la création de la frenchtech et de son label.


Le monde de l’enseignement n’est pas en reste (formation initiale ou continue) avec la création de multiples parcours autour de l’entrepreneuriat.

La mise en avant de success story de type Blablacar, Uber, AirBnb, et jusqu’à une émission télévisée où la recherche d’associés et de financement devient source de divertissement contribuent évidemment à la génération de cette transformation quasi culturelle.


Dans le même temps, nombre de dispositifs sont mis en place pour accompagner ces entrepreneurs en herbe, qu’ils entrent sur le marché du travail ou qu’ils en soient sortis (sur le principe du « créé ton emploi ») :

  • 229 incubateurs sont aujourd’hui référencés en France, évidemment tous ne sont pas de même taille ni de même importance mais tous ont un point commun ; ils accompagnent l’innovation et se focalisent sur un nombre réduit -compte tenu de la demande- de projets accompagnés.
  • Les pépinières et autres couveuses
  • Les dispositifs CCI, BPI, et bancaires
  • Les ressources mises à disposition par internet (profusion de blogs, de bons conseils souvent justes mais toujours très intentionnels : les principes du business plan, comment faire un business model… tout cela tenant en quelques lignes avec un plan préformaté et l'inévitable matrice CANVAS)

J’en oublie surement et je m’en excuse, mon propos n’est pas ici de dire que les dispositifs sont inopérants, c’est d’ailleurs tous le contraire…Lorsqu’on porte un projet innovant, que l’on a un réseau préexistant, un bon niveau d’études et une forte motivation on peut intégrer un incubateur. C’est la voie royale ! Mais peu d’élus...


En effet, les places sont chères, si nous prenons l’exemple du BIC (incubateur de Montpellier, classé 2ème incubateur au niveau mondial) la structure a accompagné >750 entreprises depuis sa création en 1987 (source : www.bic-montpellier.com/fr/qui-sommes-nous). Force est de constater que même avec 229 incubateurs, le nombre d’entreprises potentiellement innovantes accompagnées ne représente qu’une toute petite partie de ces 15 millions de projets potentiels, innovants ou non

Un trou dans la raquette de l’accompagnement : "l’entrepreneuriat pour tous" passe par "la pré-incubation pour tous"


Entre l’intention et l’acte d’entreprendre les « hors entrepreneurs » filtrés nous rappellent les raisons de cette faiblesse dans le passage à l’acte : peur de l’échec, risques perçus, financements introuvables.

Mais entre l’intention et l’acte d’entreprendre, il y a une étape fondamentale : la décision d’entreprendre et donc le nécessaire travail de construction et d’évaluation. La prise de décision dans l’incertitude fait appel à nos vieux démons et nous appelle à la prudence, sauf si .... 

                                                                                                                                      ...sauf si une première étape de construction et d’évaluation est effectuée avec succès.


Pourquoi cette première étape ? tout simplement parce que pour prendre des décisions basées sur autre chose que sur ses propres peurs,  impressions et besoins de sécurité, il est nécessaire d’éclairer la route devant soi. Cette première étape est là pour apporter le niveau d’information suffisant à une prise de décision consciente.


Le rôle d’un pré-incubateur généraliste : entre discernement et compétences


Tous les projets et tous les entrepreneurs ont besoin d’être accompagnés mais pas tous de la même façon ou sur les mêmes sujets. En fait, il y a autant de situations et de besoins qu’il y a d’entrepreneurs et de projets ; en revanche tous font appel à des savoirs communs et des méthodologies communes : 

  • Etablir l’existence d’un marché, ou identifier la zone d’incertitude dans laquelle on se trouve (cas des projets d’innovation de rupture)
  • Etablir la faisabilité et la viabilité du projet
  • Evaluer sa rentabilité potentielle et les contraintes de cette rentabilité (ex : besoin en trésorerie)

Ces besoins ne sont pas spécifiques à l’innovation, que l’on veuille monter une pizzeria, ou créer le prochain avion à propulsion alternative, les questions sont les mêmes. Ce qui va changer ce sont les profondeurs d’études, leurs complexités, et les outils utilisés.


Le discernement


Cette première étape ne réclame pas la création d’une étude complète et la production d’un business plan de 50 pages, ce niveau de formalisation n’est en réalité nécessaire que lorsqu’un besoin en financement est nécessaire et que l’on a DECIDE de passer à l’ACTE.

Si on voulait se référer à des écrits de référence (Effectuation, les principes de l’entrepreneuriat pour tous de Philippe Silberzahn enseignant à l’EMLyon Business School et chercheur en entrepreneuriat à Polytechnique), on pourrait même se dire que dans cette première étape l’utilisation d’une démarche stratégique "classique" est dans beaucoup de cas non seulement inutile mais dangereuse, et qu’une approche basée sur le test, la découverte effective, et la "construction en avançant" pourrait dans certains cas être préférable. Dans quel cas utiliser quelle approche ? méthode ? outils ? C’est ici le rôle d’un pré-incubateur.


Le point clé du passage à l’acte, la compétence, la formation et l’accompagnement


Le rôle du pré-incubateur est dans ce contexte d’apporter l’ensemble des informations, méthodes et autres concepts et de les mettre à la disposition du porteur de projet avec un objectif de pragmatisme et d’utilisabilité. Ces ressources mises à disposition ne sont pas une liste de livres, d’articles ou d’exemples mais sont construits pour répondre à chaque porteur de projet en fonction sa situation et de son besoin :

  • Formations autour de savoir-faire spécifiques à la concrétisation d’une idée
  • Partages avec d’autres entrepreneurs autour de sujets communs
  • Echange avec des coachs : enseignant / chercheur et ayant vécu eux-mêmes l’expérience de l’entrepreneuriat
  • Demander une relecture « avisée » de document ou étude
  • Préparer ses premiers entretiens de vente, de recherche de financement, avec des professionnels du pitch

En synthèse, je dirais qu’il n’y a pas de fatalité et que les questions devraient aujourd’hui être centrées sur l’accompagnement du porteur de projet que son projet soit innovant ou pas, en l’aidant à passer cette étape du doute pour arriver à la conviction.


Cyril Salort

Co-fondateur d’INCUB-online

Enseignant en stratégie et Management

Coach en incubateur




Sources et Bibliographie

L’intention entrepreneuriale : théories et modèles, Azzedine Tounes, 2007

Infographie BPI, l’indice entrepreneurial français, étude de 2019

www.bic-montpellier.com

L’entrepreneuriat faits et chiffres, DGE, Ministère de l’économie, novembre 2017

Avec la plateforme INCUB-online,ils ont concrétisé leur projet d'entreprise,

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